Editorial
Nathalie Jacoud
Pour ma propre fin de vie, comment faire des choix thérapeutiques avisés ? Quelles sont les différences entre « euthanasie », « sédation palliative » et « suicide assisté ? Qu’est-ce qui est autorisé et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Voici quelques questions qui ont émergé d’un parent âgé et de son enfant adulte, de couples, de professionnels tels que des infirmiers et des aumôniers lors d’une formation sur les enjeux éthiques de la fin de vie, à la Toussaint 2023, à l'Hôtellerie franciscaine de Saint-Maurice (Suisse).
Pendant un week-end, nous avons partagé nos réflexions au sujet des mutations au sein des pratiques soignantes et pastorales dans l’accompagnement de personnes en fin de vie, et, essayé de poser des repères éthiques et pratiques. Portés par cette expérience, nous souhaitons poursuivre le dialogue avec un public francophone plus large. Constitués en comité éditorial pour concevoir ce numéro hors-série, nous désirons – pour reprendre l’expression de l’éthicien feu Jean-François Malherbe – « déjouer l’interdit de penser » à propos « des actes qui accélèrent – potentiellement ou certainement – la survenue de la mort ». En prenant appuis sur les réflexions du philosophe français, Jacques Ricot, trois enjeux majeurs peuvent être distingués :
- Lexical, les termes employés, pour qualifier les actes pouvant abréger la fin de vie, peuvent engendrer un brouillage sémantique, rendant difficile l’élaboration d’une pensée critique.
- Sur la nature même du soin, l’assistance au suicide peut-elle être considérée comme une forme de « soin » ?
- à propos de la hiérarchie des finalités, la logique économique tend-elle à reléguer le soin de la vie au second plan ?
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