Le tombeau ouvert

«Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. » Voilà une drôle de manière de finir un récit d’évangile ! C’est pourquoi beaucoup, très tôt, ont supposé que la fin de l’évangile de Marc avait été perdue et on s’est empressé d’y ajouter un résumé de récits de résurrection tirés des autres évangiles. Et si cette fin était voulue ainsi par l’évangéliste Marc ? N’y aurait-il pas une cohérence entre ce qui est raconté et le message qu’il veut transmettre ? L’évangile de Marc s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Son récit de la Passion a pour centre la confession d’un Centurion, un païen de l’armée d’occupation : « Vraiment celui-ci est Fils de Dieu. » (Mc 16,39) Il est difficile de ne pas voir un signe d’ouverture au monde la plus large possible au moment où se déchire le voile du Temple. Cette ouverture est aussi symbolisée par celle du tombeau. La fermeture du tombeau par une pierre était une préoccupation légitime des femmes qui s’y rendent. Mais une force, qui n’est pas nommée, a roulé la pierre. Elle donne accès à ces femmes qui, au moment de la mort de Jésus en croix, se tenaient à distance – avec quelques autres – devant le drame : une présence dans l’impuissance, mais au combien nécessaire !

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