L’interruption de grossesse
Evelyne Vialle-Borderie
J’ai la chance de pratiquer des échographies de suivi de grossesse depuis de nombreuses années. Médecin-échographiste, j’exerce une profession passionnante au contact des couples, des femmes. La première échographie, dite de datation, est toujours un moment très particulier : entendre l’activité cardiaque d’un embryon de trois millimètres propulse le couple dans un espace inconnu, dominé par une émotion profonde, une joie où le rêve devient réalité. Et pourtant, certaines femmes expriment en début de consultation qu’elles ne savent pas encore si elles vont garder la grossesse, d’autres affirment que la grossesse n’était pas prévue et qu’elles s’interrogent sur sa poursuite. Instant de fragilité que ce début de grossesse qui bouleverse la femme, la projette vers le statut de mère. Parfois, on peut même être dérouté par la peur momentanée des femmes enceintes d’une grossesse issue d’un parcours PMA (procréation médicalement assistée) qui ont tellement rêvé l’enfant que la réalité est perturbante. On sent bien toute la complexité de la femme qui veut et qui ne veut pas à la fois. Les chiffres sont significatifs : en France, 663 000 naissances en 2024’ soit 15 000 de moins qu’en 2023. 251 270 avortements en 2024 soit 7 000 de plus qu’en 2023 soit un avortement pour trois naissances.
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